15 octobre 2018


Initiative 5+5: «Circaete» 2018 exercice dans les ciels de la Méditerranée


L'exercice «Circaete» 2018 s'est achevé.

Les Forces armées des pays membres de l'Initiative 5+5 se sont engagées dans un scénario simulant une menace terroriste en vol.

Un groupe de terroristes à bord d'un vol régulier décident de détourner l'aéronef, en forçant l'équipage à changer de route, déclenchant ainsi le système international de protection de l'espace aérien. Il s'agit du scénario de la Circaete 2018, exercice de défense aérienne qui s'est déroulé ces derniers jours dans les ciels de la Méditerranée avec la participation des pays membres de l'Initiative 5+5. Le but était de tester la capacité de réaction des systèmes nationaux de surveillance et défense de l'espace aérien en cas de menaces aériennes non militaires et d'encourager l'utilisation coordonnée des centres de commande et contrôle, des installations radar et des chasseurs intercepteurs.

L'accord de coopération, né en 2004 sur proposition italienne, se propose de favoriser la coopération vis-à-vis des problèmes communs de sécurité et de défense, et de contribuer à la stabilité régionale et à la compréhension réciproque entre les pays des deux rives de la Méditerranée occidentale: la rive nord, à savoir la France, l'Italie, Malte, le Portugal et l'Espagne, et la rive sud, avec l'Algérie, la Libye, la Mauritanie, le Maroc et la Tunisie.

L'édition 2018 de la Circaete a été organisée par l'Armée de l'Air italienne - dans le cadre de l'année de présidence italienne de l'Initiative 5+5 Défense - et elle fait partie des activités promues par le Ministère de la Défense afin d'identifier des solutions et des projets de coopération, notamment en matière de surveillance maritime, de contribution des Forces armées à la protection civile, de formation et recherche, ainsi que dans le domaine de la défense aérienne.

La menace à la sécurité des ciels est tout à fait actuelle, comme le montrent les évènements du détournement de l'Airbus 320 libyen, le 23 décembre 2016, ensuite atterré à Malte, ainsi que de l'avion de l'Ethiopian Airlines d'Addis Abeba à Rome dérouté sur Genève, le 17 février 2017. L'Armée de l'Air est en train de promouvoir des initiatives dans ce domaine visant à accroitre la connaissance mutuelle et l'interopérabilité des forces aériennes des 10 pays membres de l'Initiative, en mettant en commun les compétences développées dans certains domaines opérationnels et technologiques spécifiques, tels que les systèmes électroniques de commande et contrôle, les aéronefs commandés à distance, la recherche et sauvetage (SAR - search and rescue) et la récupération du personnel (Personnel Recovery).

Le scénario de l'exercice - un avion de transport militaire, dans ce cas italien, un Falcon 900 easy du 31ème Escadron de l'Armée de l'Air, jouait le rôle d'un aéronef civil «renegade», c'est-à-dire - en jargon technique - un avion civil arrivant ou en transit dans l'espace aérien national, dont la conduite potentiellement dangereuse pour la sécurité pourrait être associée à une action terroriste.

Les centres de commandement et contrôle et surveillance radar des pays traversés par la route de l'aéronef, ainsi que les pilotes et le personnel des bases de défense aérienne impliquées, devront réagir de façon rapide et coordonnée. Ils interceptent l'aéronef douteux et le conduisent - ainsi qu'il en serait dans la réalité - en dehors de l'espace aérien national ou bien le forcent à l'atterrissage à un aéroport désigné, suivant les indications fournies par le personnel à terre, en accord avec les protocoles établis.

Le but de l'exercice, qui se déroule chaque année, est de promouvoir et renforcer l'adoption de procédures communes dans la gestion de cas similaires, pour lesquels, même si la compétence relève de chaque nation, il est toutefois essentiel d'agir en coordination entre nations voisines, étant données la rapidité et la complexité des actions nécessaires.

La phase de l'exercice à l'intérieur de l'espace aérien italien a été gérée par le Centre des Opérations aériennes italiennes du Commandement des Opérations aériennes de Poggio Renatico (Ferrare), à savoir le Centre de commandement et de contrôle de l'Armée de l'Air italienne qui assure une surveillance h24 de l'espace aérien national et qui, en cas de nécessité, émet l'ordre de décollage immédiat pour les chasseurs-intercepteurs.

Les pilotes des chasseurs Eurofighter du 4ème Escadron de Grosseto, du 36ème Escadron de Gioia del Colle et du 37ème Escadron de Tapani ont décollés peu après que l'ordre de décollage immédiat sur alarme (scramble) a été donné. Le but était d'intercepter et escorter l'aéronef douteux au-delà des frontières nationales, en assurant, avec une sorte de relais en vol, la continuité avec les moyens de la défense aérienne française et, par la suite, tunisienne. 


Un aéronef F-5 de l'armée tunisienne qui participait à l'exercice s'est écrasé en mer à l'intérieur des eaux territoriales tunisiennes. Le pilote, qui a pu se sauver grâce au siège éjectable, a été identifié et par la suite récupéré par un hélicoptère UH-60 tunisien.

Les recherches du pilote, menées sous la direction et la coordination du Commandement pour les Opérations aériennes (COA), ont vu également la participation de moyens italiens, parmi lesquels un aéronef de patrouille maritime P72-A du 41ème Escadron de Sigonella (Catane), dont l'équipage est constitué de personnel de l'Armée de l'Air et de la Marine italiennes. Un hélicoptère HH-212 du 80ème Centre SAR de Decimomannu (Cagliari) a également contribué à l'action.


La Défense aérienne - La surveillance et la défense de l'espace aérien national est la tâche principale de l'Armée de l'air.

Cette activité est assurée 365 jours par an et h24 à travers un système de défense intégré, dès le temps de paix, avec les systèmes des pays de l'OTAN.

Cette activité est menée - pur ce qui est de la partie surveillance, identification et contrôle - par deux groupes radar en poste respectivement à Poggio Renatico (Ferrare) et à Licola (Naples); l'intervention en vol, par contre, est assuré par le 4ème, le 36ème et le 37ème Escadrons, tous dotés de chasseurs Eurofighter.

De plus, l'Armée de l'Air participe sur base continue aux activités de Police aérienne au profit des pays ne possédant pas une capacité autonome dans ce domaine, à savoir: l'Albanie, à partir de 2009, la Slovénie, à partir de 2004 - en alternance respectivement avec la Grèce et la Hongrie - et, dès le mois de juin dernier, le Monténégro, qui a récemment intégré l'Alliance atlantique.

Suite à des accords spécifiques au sein l'OTAN, visant au renforcement des mesures de protection de l'espace aérien, les avions de l'Armée de l'Air ont aussi contribué à la défense aérienne dans la région Baltique, en Estonie, Lituanie et Lettonie, ainsi qu'en Bulgarie.

Enfin, en alternance avec d'autres Pays de l'OTAN, les avions italiens participent aussi à la protection des ciels de l'Islande, d'où des équipages et des chasseurs italiens sont rentrés ces derniers jours, après quatre semaines de mission.

   

   

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